Au cœur du paradoxe ApolloGee: « j’ai des habitudes je suis instable ».

Jeudi soir, Châtelet/Les Halles. Brouhaha, effervescence parisienne, les terrasses sont pleines à craquer.  Une femme sourit en voyant son bien aimé arriver, une autre s’agace au téléphone: « T’es ou putain, je te vois pas ! Dis moi que t’as pris la bonne sortie s’il te plaît? Bon je t’attends sous le dôme ? ». Classic shit, les parisiens diront ! Comme la majorité des gens autour de moi, j’attends. Je l’attends. « Désolé pour le retard, j’étais pourtant en avance » dit-il en souriant. Paradoxal n’est-ce pas? Retardataire professionnel, je vous l’accorde: « Le retard c’est mon vrai travail » confesse t-il avec humour sur instagram. En réalité, Adel alias ApolloGee est rappeur. Paradoxal, sensible, attachant et rêveur, c’est la tête dans les étoiles qu’il nous embarque dans un univers artistique surprenant. 

Son histoire d’amour avec les mots, avec le rap, débute à Tours il y a quelques années: « j’ai commencé à écrire mes premiers morceaux et à rapper avec un groupe de 5 potes au lycée. Notre groupe s’appelait Temps Mort. Pendant nos soirées sur les quais, on se mettait à rapper et tout le monde nous écoutait.  Une pause dans la soirée en quelque sorte » se souvient Adel.

Après le bac,  il se lance dans un IUT techniques de commercialisation puis dans des études de droit. En janvier 2017, il décide d’arrêter les études et de se consacrer pleinement à la musique: « j’avais pris la décision de tout stopper peu importe si j’avais validé ou non mon semestre. Je voulais faire de la musique, je croyais en moi et je savais que ça pouvait marcher si je fournissais les efforts nécessaires » explique-t-il. En mars 2017, lors de la fête du droit de Paris Descartes, il remporte la finale nationale du concours de Rap/Slam avec comme jury Bigflo et Oli: « mes potes m’ont parlé de ce concours , ils m’ont dit de faire un morceau. J’y suis allé et  j’ai gagné ! Alors que je n’étais plus étudiant depuis janvier » ironise Adel.

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Une musique authentique

« Je suis toujours vrai, je ne triche jamais. Mes chansons me ressemblent, je suis hypersensible, souvent contradictoire, paradoxal, rêveur, je fonctionne beaucoup avec les émotions » avoue t-il. Ses thèmes de prédilection: l’amour, la mort, la solitude… Des thèmes universels abordés avec une sensibilité unique et déconcertante.

« Quand j’ai écrit Pulcra, j’avais un problème avec la banque, j’étais super énervé, je me suis dit nique sa mère ! C’est dans cet état d’esprit que j’ai écrit les premiers mots du morceau: « Je baise la finance ». En plus de ça, pendant que je bossais comme animateur, mes potes étaient tous en vacances et ils ont passé une soirée avec un rappeur que je kiffais. J’avais la rage, clairement » se remémore-il.

« Je suis pas intelligent je suis visionnaire, quand je suis dans la pièce pas besoin de lumière. Au stade de ma vie je ne suis qu’au sommaire, en constellation je suis un astre solaire ».

En mars dernier sortait le clip  Visionnaire tourné à Noisy Le Grand dans une ambiance glaciale et sombre. Adel raconte: « Visionnaire c’est clairement de l’ego trip. Quand je l’ai écrit j’étais déprimé, je devais trouver un travail mais j’avais la flemme. J’étais pas encore prêt. Visionnaire m’a donné la force d’avancer, en gonflant un peu mon ego, j’avoue ». Pour l’anecdote, hier Moha La Squale sortait le clip  C’était pas gagné, sur la même instru que Visionnaire… Pas de pitié dans la Rap Game !

Le (Rap)adoxe ApolloGee

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« Je suis passé du coq à l’âne en passant du corps à l’âme »

Derrière ce grand gaillard, au look décontracté et au sourire malicieux se cache un homme introverti et hypersensible: « de prime abord, je suis timide, j’aime pas me montrer. J’ai justement les cheveux longs pour me cacher des gens. C’est plutôt paradoxal étant donné que c’est ce qu’on voit le plus, c’est un peu devenu mon signe distinctif » s’amuse t-il.

Dans la vie de tous les jours, Adel est pudique, sur la réserve et exprime rarement ses sentiments. Pourtant, il n’hésite pas à se mettre  totalement à nu dans ses morceaux: « j’avoue c’est paradoxal, mais la musique me permet d’extérioriser ce que je ressens, de me livrer, c’est une confession à moi même. Je suis de nature introvertie et grâce à la musique j’ai confiance, je suis sûr de moi et de mes projets » affirme Adel.

Son frère, sa sœur et ses parents lui font également confiance et lui apportent un soutien sans faille, ce qu’il ne manque pas de rappeler: « mes parents m’ont toujours soutenu, c’est peut-être pas la vie dont ils avaient rêvé pour moi mais ils respectent mes choix et sont toujours là pour m’aider. Tant que je fais le maximum et que je me donne à 1000%, ils seront fiers de moi ».

Son propre cursus musical

« J’étudie le rap et  décortique des morceaux comme si j’étais à l’école. De plus, je construis mes projets musicaux comme un cursus scolaire, je suis plutôt organisé et je sais où je vais. Chaque projet musical lancé correspond en quelque sorte à une année d’étude » commente Adel.

En février 2017, il lance son premier projet Paradox Lumino composé de 4 morceaux: L’averse, Pulcra, Seul et Liaisons dangereuses. Pour Adel, Paradox Lumino représente quelque chose de manichéen, de noir et de blanc, de contradictoire, tout comme lui. Ainsi, dans le cursus musical ApolloGee, Paradox Lumino ferait office d’une L1.

Selon les confidences d’Adel, Paradox Lumino II serait fin prêt et disposé à faire face aux critiques aiguisées du jury.  Plus qu’une question de temps ! Pour clôturer en beauté sa licence, il travaille déjà d’arrache-pied sur un projet dont le nom est encore tenu secret. Prévu pour 2019, le projet est entièrement produit par Tupal.

« Une référence artistique »

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Fan de Léonard de Vinci, Adel arbore fièrement une bague de l’homme de Vitruve: « ce mec est un génie qui touche à tout, c’est un artiste, un peintre, un poète, un écrivain, un architecte, un inventeur. Il m’inspire énormément ».

Bien des siècles séparent Adel de Léonard de Vinci et pourtant, s’il y a bien une chose qui les rapproche, c’est cette créativité débordante, parfois difficile à contenir: « La musique c’est pour le moment, le moyen le plus viable de m’exprimer, mais j’avoue avoir envie de m’aventurer dans d’autres domaines. Je veux être artiste ! Je me vois aussi dans la réalisation, dans l’écriture de scénario, dans le théâtre.  Je ne veux pas qu’ApolloGee  soit uniquement un rappeur, je veux être une référence dans le domaine artistique » dévoile t-il.

Parisiens, si vous apercevez  l’astre chevelu pianoter sur son téléphone, sachez qu’il n’est pas entrain de jouer à Candy Crush, mais qu’il écrit ses futurs textes et prépare la sortie de son prochain projet ! Et oui, c’est souvent dans le métro qu’ ApolloGee travaille. Preuve en est: son téléphone compte 828 mémos dont plus de 700 concernent la musique.  La navette Paradox Lumino II est en route, pour un aller sans retour dans le cosmos. Tenez-vous prêts !

A la orden !

Yolaïna Bar 

 

 

 

 

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