Laulhère, le roi du béret !

Du béret, en veux-tu en voilà ! Depuis quelques temps, il trône fièrement sur la tête des parisiens bobos « branchés ». Un coup penchant à droite, un coup à gauche, un coup en arrière… Prends garde au torticolis ! Star des boutiques souvenirs, il fait également fondre le coeur des touristes qui se l’arrachent comme des petits pains. Allez ! Ne me dis pas que tu ne les as pas vu, selfie-stick en main, tout sourire face à la dame de fer. Ultra cliché, parfois un tantinet vieillot, il est pourtant l’incarnation du style à la française et l’apanage par excellence des révolutionnaires. 

« J’ai vu mon grand-père porter le béret durant toute mon enfance. Je trouve que quelqu’un qui porte le béret, c’est tout simplement beau. Au-delà de ça, le béret est un accessoire indémodable et incontournable qui coiffe les plus grands comme les plus anonymes de ce monde. A mon sens, avant même d’être un symbole de la France, et plus particulièrement de l’élégance à la française, le béret est surtout le symbole de personnes n’ayant pas peur d’affirmer leur indépendance d’esprit », précise Rosabelle Forzy, PDG de la maison Laulhère, dernière fabrique historique de bérets en France. Elle revient -pour La pulperia de arriba- sur l’histoire de la marque, son évolution, son internationalisation et explique avec passion le processus de fabrication d’un béret.

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Le béret traverse le temps et  les frontières

19 juillet 2017, 38ème anniversaire de la révolution, Managua, Nicaragua. Il fait une chaleur à crever, les rues sont bondées, on brandit les drapeaux rouges et noirs au rythme des chansons de Carlos Mejia Godoy.  Après avoir passé plus de deux heures dans un tas de ferraille pour rejoindre la Plaza Fe, je me décide à finir le chemin à pieds. Je m’arrête alors sur la route pour acheter un t-shirt à l’effigie de Sandino et un béret. Et non ! Pas un béret de la maison  Laulhère, mais qui sait, on pourra peut-être bientôt les trouver là-bas!

En effet, les bérets Laulhère s’exportent très bien puisque cela représente aujourd’hui 40% du chiffre d’affaire. « Nous sommes d’ores et déjà distribués dans de nombreux pays comme le Japon, la Corée, l’Allemagne, ou encore la Suède. Nous avons à ce jour, une petite équipe commerciale qui se concentre sur l’Europe, l’Asie et depuis peu les Etats-Unis, mais il est clair que l’Amérique latine représente un marché important que nous souhaitons développer dans les années à venir », poursuit Rosabelle.

Un doux mélange de tradition et de modernité

La maison Laulhère, est parvenue au fil du temps à perpétuer son savoir-faire et sa tradition artisanale, tout en célébrant les matières nobles et créant ainsi des modèles toujours en vogue. « C’est d’ailleurs cette alchimie parfaite qui nous permet aujourd’hui de nous imposer comme artisan des tendances, avec des modèles réalisés dans la plus pure tradition, mais cassant sans cesse les codes pour mettre en lumière un non-conformisme assumé, signature de notre maison » ajoute avec fierté Rosabelle.

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En tant que dernier fabricant historique de bérets en France, la maison Laulhère est la seule à maîtriser toutes les étapes de la fabrication du béret de A à Z en France, qui plus est en utilisant des matières premières de grande qualité (laine mérinos, laine angora, cuir etc). La marque obtient d’ailleurs en 2012, deux labels attestant de cela: « Entreprise du Patrimoine Vivant » et « Origine France Garantie ». 

Un savoir-faire ancestral et des mains expertes

L’aventure Laulhère commence en 1840, quand Lucien Laulhère propriétaire  d’une manufacture de tissage de laine et de coton, se lance dans la fabrication de bérets. Ses fils, les frères Laulhère, reprennent par la suite l’activité et font ainsi naître les premiers bérets éponymes au pied des Pyrénées, à Oloron Sainte Marie. Les ateliers de la maison Laulhère se situent toujours au même endroit depuis 1840. Une quarantaine de personnes s’affairent quotidiennement à la confection des bérets. Pas moins de 10 étapes, maîtrisées à la perfection par chaque employé !

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D’abord, les bérets sont tricotés puis feutrés à partir de la laine brute, naturellement couleur écrue.  Ils passent ensuite dans les mains expertes de teinturiers qui choisissent avec grands soin les pigments adéquats pour obtenir les couleurs profondes et uniformes des bérets. Par la suite, la coiffe passe par l’enformage, le grattage, et le rasage afin d’obtenir un aspect velouté parfait. Enfin, les bérets arrivent dans l’atelier de confection pour que leur soient apposés les différents éléments qui sont propres à chaque modèle. Ainsi, en fonction du béret, il sera garni d’une doublure, d’un écusson brodé, on lui apposera un bord en cuir, une bouffette (un petit nœud). Ils pourront également être brodés de perles, de sequins, ou de divers éléments décoratifs. A noter que la confection d’un béret nécessite deux jours de travail!

Rosabelle Forzy redonne des couleurs à Laulhère

IMG_2553Quand Rosabelle Forzy entend parler de Laulhère pour la première fois, l’entreprise est en difficulté, au bord de la faillite. La maison Laulhère qui s’appelait à l’époque Beatex, avait essayé de concurrencer les bérets asiatiques. Mauvaise idée, puisque ces produits n’avaient alors pas la même qualité, le même savoir-faire, le même temps de production, ni la même technicité. « Quand je suis allée dans les ateliers, la magie a de suite opéré: j’ai découvert un savoir-faire ancestral et des mains d’or qui seraient amenées à disparaître si on ne se battait pas pour les mettre en avant », confie émue Rosabelle.

Cette dernière rachète l’entreprise en 2012, relance la production et reprend le nom du fondateur. L’objectif est alors de repositionner le produit là où il aurait toujours dû rester et de le vendre pour ce qu’il est, c’est-à-dire un  produit d’exception. « Pour cela, nous avons conservé tous les savoir-faire,  les matières premières de grande qualité, françaises pour la plupart et fait appel à un styliste pour parfaire les dernières finitions et créer de nouveaux modèles pour réinventer le béret. Notre volonté était donc de remettre sur le devant de la scène ce couvre chef, symbole du non-conformisme mais aussi symbole éternel du chic à la française » confirme avec conviction Rosabelle.

Leur stratégie de croissance est alors basée sur l’innovation de produit, le marketing et la communication. En effet, l’entreprise mise tout sur le savoir-faire, sur le slow marketing (produits durables à vie, une collection par an, matières soigneusement choisies, etc). Et ça fonctionne ! L’entreprise est passée de 21 salariés à plus de 50 en 2017.

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Finalement, « quand on y pense, quel chapeau peut se targuer de s’être retrouvé sur la tête de Che Guevara, Pablo Picasso et Greta Garbo, soit respectivement un militaire, un peintre et une star de cinéma hollywoodienne ? », conclut amusée Rosabelle.  Donc si t’as pas encore fait tes achats de noël (dépêche toi) et que tu as un budget allant de 80 à 700 euros, tu peux offrir un joli béret Laulhère à papi où à ta cousine fashionista ! Pour cela tu peux te rendre directement dans la boutique Laulhère rue du Faubourg Saint-Honoré ou commander en ligne. Et comme l’a si bien dit Rosabelle: « le béret c’est tout simplement beau », donc tous à vos bérets !

A la orden !

Yolaïna Bar

© Crédits Photos Laulhère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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