Aïcha , la reine du turban !

6h30, tu te réveilles bien entendu la tête dans le cul (sinon c’est pas drôle), tu passes devant le miroir est là… Vision d’horreur ! En plus d’avoir des cernes de 3 kilomètres de long, de te faire peur,  tes cheveux te disent merde comme jamais ! Tu te brosses activement les dents en te demandant ce que t’as fait au bon dieu pour mériter ça, tu songes même à tout raser comme Britney Bitch, tu finis par capituler en attachant tout ça dans un bon vieux  chignon et croise les doigts pour qu’on ne te demande pas si tu es malade aujourd’hui ! La solution à tous ces matins difficiles : le TURBAN ! Bon, le porter c’est pas une mince affaire (je sais), mais si toi aussi tu te demandes comment le nouer sans s’arracher les cheveux et sans ressembler à un paquet cadeau, tu es bien tombée. Aïcha du blog et de la chaîne Youtube Kegniayeesha porte le turban à la perfection et nous livre ses précieux conseils.

Gamine, Aïcha adorait reproduire les chorégraphies des Destiny’s Child (la base) avec ses copines dans la cour de récréation, aujourd’hui elle est passionnée de mode et de beauté. Drôle et pétillante, elle décrit son style comme « un plat sucré salé », il peut être d’une simplicité aberrante et d’une excentricité dérangeante. Classique et street, moderne et rétro à la fois, elle adore mélanger les styles, les matières, les couleurs : « d’ailleurs, en parlant de couleur, j’adore le noir, c’est ma valeur sûre, et quand j’adopte une tenue all black DAMN I FEEL INVICIBLE » précise t-elle.

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Son inspiration elle la tire, de sa culture, de ses origines guinéennes, de figures historiques, de mouvements révolutionnaires: « par exemple, le style vestimentaire du Black Panther Party m’inspire au quotidien, il me donne des frissons. Sinon j’adore le style de Janelle Monae, Habiba Dasilva et Timeeya » ajoute Aïcha.

Son autre passion: le make-up ! C’est d’ailleurs pour cette raison quelle a appelé son blog et sa chaine youtube Kegniayeesha: « ça peut paraître difficile à prononcer mais quand on le décortique bien, ça devient ridiculement facile. Dans ma langue maternelle « Kegnia » veut dire « beauté » au sens général du terme. Ca se prononce « Kégnia » comme le pays mais avec une petite intonation à chaque début de syllabe si l’on veut le prononcer correctement. Ensuite, si l’on reprend à partir du « a » final de Kegnia on a mon prénom écrit différemment (Ayeesha). Bref, Kegniayeesga c’est la beauté du point de vue d’Aïcha » poursuit-elle.

Pour Aïcha, le maquillage c’est indéniablement de l’art. Elle explique avec beaucoup d’humour comment on peut passer en 15 minutes du « j’ai dormi 45 minutes cette nuit » à « Call me Beyoncé »  , ou du « j’ai la tête d’une boule de bowling » à « me fais pas la bise mes pommettes sont tranchantes » ! Reine de la punchline mais aussi du turban !

« My turban is my crown » !

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Son premier turban elle l’a attaché quand elle était au collège, d’abord comme un accessoire, puis par conviction religieuse, même si elle le voit aujourd’hui davantage comme une couronne, Queen Aïcha déesse du turban ! Son amour pour les turbans elle le tient de sa culture, de sa famille :   » j’ai grandi dans un entourage où quand il y a un événement, un mariage traditionnel, le turban est roi. Par exemple, ma mère, mes tantes portaient toutes des turbans. Uniques, colorés, étincelants, neutres, discrets, imposants, ils m’ont toujours fasciné » raconte -t-elle.

Elle se souvient alors, de sa maman qui se préparait pour un mariage. Revêtant son plus beau tissu en wax ou bazin, elle l’attachait sur sa tête sans miroir, et cela « dans le plus grand des calmes » se remémore Aïcha.  Totalement admirative, elle s’est dit que si sa mère pouvait l’attacher aussi sereinement, elle pouvait le faire aussi ! Et ça marche, c’est une technique ça s’apprend, comme faire du vélo ou comme nouer ses lacets !

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Avoir un attaché « fleeky » !

Tout vient à point à qui sait attendre ! C’est maintenant que la belle Aïcha nous livre ses conseils alors prépare toi, prend des notes, et sois attentif ( YOU CAN DO IT) !

Tout compte pour le turban: la forme de la tête, la coupe de cheveux, la couleur, la matière, la longueur, les vêtements avec lesquels on veut l’associer. Cependant, il faut savoir qu’il n’y a pas une bonne façon d’attacher le turban mais des milliards, une quantité de styles à l’infini !

Puisque c’est impossible d’expliquer comment nouer un turban sans visuel, je vous laisse découvrir cela en vidéo avec Aïcha ! Pour débuter :  « il est important de dégager le visage et d’avoir une bonne base sous le turban,  c’est-à-dire que les cheveux soient bien placés pour qu’il y ait une symétrie parfaite avec ce que j’appelle le pédoncule » explique t-elle.

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L’avantage non négligeable, c’est que TOUT peut être un turban: une écharpe, les restes de tissus d’une tenue wax et surtout t’en trouves dès 3,50 euros (pauvreté quand tu nous tiens) !  Alors finit les gueules de merde et les cheveux en pagaille, maintenant tu as tous les éléments en main pour avoir la classe et toi aussi être la reine du turban !

Appropriation culturelle, hommage ou pillage ?

L’appropriation culturelle, une expression bien à la mode en ce moment, sujet sensible et épineux qui fait presque mal à la tête. Qu’est ce que ça veut dire ? Grosso-modo, c’est quand quelqu’un adopte des aspects d’une culture qui n’est pas la sienne hors de son contexte original et pour son plaisir personnel. Une réflexion plus poussée de l’appropriation culturelle se réfère aussi à l’adoption d’icônes, de rituels, , de normes esthétiques, d’un groupe dominé par un groupe dominant.

Emprunter une pratique à une autre culture n’est pas quelque chose de mal en soi, c’est même plutôt positif. C’est ce que nous explique Aïcha à ce sujet : « pour moi tant que l’on reconnaît l’origine de la pratique culturelle  et que l’on comprend les revendications qu’il peut y avoir autour, il n’y aucun mal bien au contraire. J’ai vu plein de photos de femmes blanches faire des bantu knots, des asiatiques faire des boxbraids, des indiennes porter du wax. Habiba Da Sivla, qui est brésilienne adore mettre le « gelée », le turban à la mode nigérienne ou des tenus nigériennes et ça lui va super bien », explique Aïcha.

En effet, si certains ont réussi à « emprunter » sans fracas c’est bien que la notion de justice était au coeur des créations. Jean Paul Gaultier avec ses collections aux inspirations esthétiques orientales, africaines  et indiennes incarnent la diversité et rend hommage à ses différentes cultures. Cependant, cela pose d’autres problématiques: qu’il s’agisse de tissus, de musiques, de coiffures ceux-ci n’ont bien souvent de valeur « qu’empruntés » et donc validés par les occidentaux. Par exemple, le wax ! Quand c’est un créateur africain qui l’utilise c’est jugé sans intérêt par contre, quand c’est Burberry tout le monde crie au génie.

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Inspirante, fun et pleine de surprises, Aïcha est une de mes plus belles découvertes à ce jour, que je suis extrêmement fière de vous partager pour La pulperia de arriba (modestie quand tu nous tiens). Prometteuse et unique, vous la verrez partout d’ici peu, je peux vous le garantir. Pinky promise ?

A la orden !

Yolaïna Bar

2 réflexions sur “Aïcha , la reine du turban !

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